La wilaya de Bechar, sise à 1000 km au sud ouest d’Alger, est caractérisée par la richesse de son patrimoine, témoin d’un passé civilisationnel et culturel dont les profondeurs demeurent insondables. Il demeure, jusqu’à présent, le plus grand inspirateur des écrivains et intellectuels de la région. C’est aussi un trésor inestimable qui ne cesse d’attirer les touristes venus de tous bords. D’autant qu’elle est célèbre pour ses écoles, zaouïas, sites archéologiques et historiques, ainsi que son folklore, sa musique et sa poésie.
S’agissant des sites archéologiques, la wilaya contient plusieurs pierres rupestres datant de l’ère de la pierre. Les différents travaux archéologiques effectués prouvent que la région a des racines ancrées dans l’histoire. Les premières découvertes remontent à 1700, dont les pierres rupestres de Abadla, longeant l’oued Zouzoufana à Taghit et dans la région de Marhouma dans la commune de Tamtert.
Aussi, dans la wilaya de Bechar on retrouve plus de 129 anciens k’sours dont l’âge oscille entre deux et cinq siècles. Les uns sont détruits, d’autres sont soit semi détruits ou habités. On cite k’sar Beni Abbés, sis au milieu d’une oasis, et qui ressemble à un scorpion, à 241 km du chef lieu de wilaya. On cite également le k’sar EL kanadissa, qui est situé à 20 km du chef lieu de la wilaya. Ce dernier est composé de deux mosquées : la mosquée de cheikh Mohamed Bouziane et celle de El hadj Ben Ahmed. On citera par ailleurs, les k’sours de Taghit, au nombre de 47.
La wilaya de Béchar se caractérise par un patrimoine qui reflète vraiment les us et coutumes de la population, comme cela peut paraître dans leurs habits et instruments, sans citer les monnaies et manuscrits qui racontent l’histoire des habitants avec les sciences du Coran, de la littérature et de la poésie. D’autre part, les habitants de cette région ont des traditions enracinées dans l’histoire, comme cela apparaît lors des manifestations religieuses, ou dans la poésie, les proverbes et les citations, sans compter les arts traditionnels liés à la musique, le chant et la danse.
Dans la wilaya de Béchar, on compte plusieurs zaouïas qui ont énormément participé à sauvegarder l’identité de la population. La plus importante est celle fondée par cheikh Ben Abderrahmane Ben Ahmed Ben Bouziane El Idrissi qui est dotée de l’Armoire (Khizana) d’el koundoussia contenant plus de 200 manuscrits. On cite aussi, la Zaouïa Essoufia, plus connue sous le nom de Sidi Ahmed Ben Moussa Bekarzazi, fondée en 1027 de l’hégire par Cheikh Sidi Abderrahmane Ben Boufaldja. Parmi ses infrastructures, on évoque la grande mosquée, en plus des Armoires (Khizanates )contenants plusieurs manuscrits. A ces zaouïas, on peut ajouter celle de Sidi Abdallah Ben Cheikh Boukarzim, fondée en 1628 par Cheikh Sidi Slimane Bousmaha, et la zaouïa Sidi Abdallah Ben Omar dans les Ouled khodeir, fondée il y a de cela quatre siècles par le cheikh Abdallah Ben Omar et qui suit l’une des méthodes soufis. On citera enfin la zaouïa Sidi Abdelmalek Bounegab à Taghit, fondée depuis plus de trois siècles.
D’autre part, en s’appuyant sur la matière première de la région, la wilaya de Béchar est célèbre pour une pléthore de métiers et d’artisanat, dont la tapisserie traditionnelle, les instruments de musique qui font la renommée de EL kanadissa, la poterie et la maroquinerie dans la région d’ El Ouata, et d’autres instruments utilisés à partir des palmes des palmiers dattiers. Sans compter les plats populaires qui font la célébrité de la région. Tous ces éléments ont contribué à attirer les touristes, sachant que la wilaya de Béchar et Taghit en accueillent un nombre important. Cela est dû au potentiel touristique, historique et culturel. Ainsi, les paysages naturels de Taghit, faits de sables dorés, d’oasis verdoyantes et de cours d’eau…font que la région captive plus de touristes que les autres wilayas du pays, d’autant qu’elle abrite annuellement le festival du cours métrage.
S’agissant de l’animation culturelle, littéraire et artistique, la région en compte beaucoup. Dans le domaine de l’édition et de l’écriture, la wilaya de Bechar a enfanté l’écrivain Mohamed Ould Echeikh, auteur de « Meriem dans l’oasis », paru en langue française. D’autres noms viendront après, comme ceux connus de par le monde, comme Malika Mokkedem, Yasmina Khadra, Abderrahmane Meziane, Bouguerba Abdelmadjid…
Dans les domaines de l’art et de la musique, la région de Bechar a connu, à travers les âges, plusieurs générations de chanteurs, compositeurs et comédiens ayant enrichi la scène culturelle dans la wilaya et dont la notoriété ne s’étend pas seulement sur le territoire national, mais aussi à l’échelle mondiale, comme cheikh Belkebir Mohamed, Hamou Kriti, Hasna El Bacharia, Fatiha El Amari, Abdelwahab El Bachari, la troupe el Ferda célèbre pour le chant algérien traditionnel.
Aussi, la beauté de la nature de Bechar, sa culture très riche ont fécondé l’imagination de ses enfants qui ont excellé dans la poésie. La région est d’ailleurs célèbre pour ses poètes dans la poésie classique ou populaire. Idem pour ce qui est de ses artistes plasticiens qui ont immortalisé sur la toile la région, avec tout ce qu’elle contient de beauté et de splendeur. Chose qu’on aperçoit dans les tableaux magiques et merveilleux qui attestent du géni des artistes de la région.