« Le cinéma algérien a vraiment besoin du format court-métrage »
Paru le: 23/03/2009
Après s’être distingué au festival international du court métrage de Taghit en raflant deux prix, le Taghit d’or et la caméra d’or, le voilà qui s’illustre à nouveau à la 21 ème édition du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), en faisant briller l’image de l’Algérie de la plus belle manière qu’elle soit, et ce, à côté d’un autre algérien Samir Guesmi, Poulain d’argent dans la même catégorie. Khaled Benaissa, acteur dans El Manara de Belkacem Hadjadj et réalisateur dans Peur virtuelle et Babel, Où? Quand? Comment? -PATIO prod-
Le réalisateur primé nous confie ici ses impressions d’homme heureux, mais avant tout consciencieux. Il persiste et signe : « Travailler sous la lumière avec patience et passion » est son crédo. Rencontre avec l’auteur du court métrage à succès Ils se sont tus (Sektou). Un film présenté en 35 mm, en première mondiale africaine au Burkina Faso... Tout d'abord félicitations, un mot sur votre consécration au Fespaco, vos impressions?
Heureux pour mon film et surtout pour le court-métrage algérien.On est tout un collectif qui fait des courts métrages avec beaucoup de difficultés depuis déjà 6 ou 7 ans, donc cette consécration nous donne à tous beaucoup d'énergie et j'espère que ça va nous faire gagner du temps afin de concrétiser beaucoup d'autres projets de court-métrage de qualité. Je pense que le cinéma algérien a vraiment besoin du format court-métrage. Votre appréciation peut être du palmarès ? Et la distinction de l'Algérie à cette 21 ème édition ?
L’Algérie a été dignement représentée et c'était l'avis de tous les festivaliers. Qu’il s’agisse des longs métrages, des courts métrages ou des documentaires, ils ont été très appréciés.
La sélection algérienne à misé sur la qualité et non sur la quantité car on n’était pas nombreux, deux films pour chaque catégorie et les résultats sont là.
Je suis très fier d’avoir fait partie de ce groupe avec Lyes Salem, Hakkar Ammor, Samir Guesmi, Fatma Zohra Zaamoum et Malek Bensmail. Quelle évaluation faites-vous notamment de l'état du court métrage africain ?
Je ne sais pas si j'ai les qualités pour faire une évaluation du court métrage africain, je serai tenté de vous reposer la question à vous journaliste... Mais ce qui m'a fait plaisir c'est de voir beaucoup de différences dans le style et les sujets abordés. Il est vrai que les lacunes sont là mais l'ambition et la volonté du court métrage africain à exister sont bel et bien visibles. Votre sentiment sur le Fespaco ?
C'est un grand voyage pour moi, un grand moment professionnel, c'est un festival tellement important. J'étais prêt à y aller sans même un film, pour tous les contacts et les rencontres professionnelles qu'on peut y faire. Il est vrai que l'organisation laisse à désirer, mais les habitués du festival certifient que c'était exceptionnel. Ce qui est sûr, c'est que c’est un festival que je n'oublierai pas de si tôt. Le cinéma africain manque de visibilité, de moyens aussi qu'en pensez-vous?
A ce niveau d'interrogation ce n'est pas le cinéma Africain qui manque de visibilité et de moyens c'est tout simplement l'Afrique. Moi face à cette situation, je me concentre pour faire des films et de les accompagner au maximum pour qu’ils aient la visibilité et les moyens nécessaires. Avant que mon film ne devienne un film africain ; il a été un film de mon quartier. Nous devons partir de l’unité pour arriver à un tout et non pas le contraire. Avant de faire Sektou, je ne me suis pas dit : je vais faire un film africain ou un film algérien, je me suis dit que je vais faire un film tout court sans jeu de mots… et au fur et à mesure de son succès il est devenu un film représentant l’Algérie au Fespaco, donc film algérien, ensuite un film africain ayant eu le poulain d’or…
Le meilleur exemple c’est le cinéma iranien qui par ses films de qualité, a fini par faire école. La visibilité et les moyens du cinéma iranien étaient semblables au nôtre. Quels sont vos projets dans l'immédiat?
Pour l’instant je m’occupe de SEKTOU, mes projets ne sont pas assez mûrs pour en parler dans l’immédiat. Votre court métrage aborde un sujet fort, le terrorisme en Algérie, d'autres sujets de prédilection pour de prochains films?
Le terrorisme n’est pas le sujet de mon film. Le sujet de Sektou est la vie d’un quartier et surtout notre rapport à ce dernier et notre rapport à l’espace de la ville : comment nous vivons et comment nous nous comportons dans la ville. C’est ça le sujet de Sektou.
Les villes d’Algérie et particulièrement Alger sont des villes très bruyantes.
Le bruit de la ville conditionne le rêve de mon personnage, j’utilise le bruit pour me déplacer de l’extérieur vers l’intérieur et vice et versa et aussi du monde réel au monde du rêve et de l’imaginaire.
Le sujet de prédilection pour des prochains films inchalah c’est le comportement de l’homme en général et de l’Algérien en particulier, l’espace urbain et architectural. Le cinéma est un outil fort pour aborder ces sujets.
Un dernier mot?
J’espère ne jamais en avoir … (De dernier mot). Merci.