L’Afrique bouge, respire le patrimoine et la beauté, et brille de création et de présence. Son credo est « je cherche une place au soleil », dans un monde qui va, à pas sûrs, devenir « un petit village ».
Il est vrai que notre continent noir, qui a longtemps souffert des exactions coloniales, et qui ne cesse, jusqu’à présent, de lutter pour sa survie, d’autant qu’il n’a pas encore définitivement dépassé les guerres, la pauvreté, la famine et l’analphabétisme, néanmoins cela n’empêche jamais qu’il y ait une culture aspirant à s’affirmer, préserver son identité et son existence, parce que l’existence d’une nation relève de la continuité et de la perpétuité de sa culture, qui est perçue comme la locomotive du développement.
Partant de ce principe, les grandes manifestations culturelles et leur continuité, dans le continent africain, sont un indice incitant à l’optimisme pour un avenir florissant pour ses peuples. Ainsi, la continuité de l’organisation du festival du Cinéma et de la télévision « FESPACO », à Ouagadougou, qui a fêté cette année son quarantième anniversaire, et la décision prise par le Sénégal de reprendre le Festival Mondial des Arts Nègres (Fesman), en décembre 2009, après avoir été organisé en deux sessions, en 1966 et 1977, à l’initiative de l’ancien président, homme de lettres et poète, Léopold Sedar Senghor ; et l’organisation, par l’Algérie, sous l’égide de l’Union Africaine, de la deuxième édition du Festival Culturel Panafricain, prévue du 05 au 20 juillet prochain, après l’avoir organisé en 1969, tout cela sont des indices incitant à l’optimisme quant à l’avenir de la culture en Afrique.
Le festival culturel panafricain, qu’a organisé l’Algérie, est intervenu dans une période où l’Afrique tentait encore de se libérer du joug du colonialisme et de l’esclavagisme. C’était un évènement culturel sans précédent, que le monde entier se rappelle jusqu’à maintenant, parce qu’il intervenait dans le cadre de l’établissement du fait culturel et créatif africain, grâce à quoi des horizons artistiques et culturels ont été ouverts à l’Afrique qui a longtemps souffert de l’exclusion et des jougs.
A cette époque, l’Afrique a réussi à enfanter des noms qui ont brillé dans le ciel de la littérature, de l’art et de la culture, à l’instar de : Amadou Hampâté Bâ, qui est perçu comme un grand spécialiste de l’oralité africaine, Ahmed Mukhtar Ambo, l’ancien Directeur général de l’UNESCO, et qui était parmi les grands défenseurs des cultures tiers-mondistes impuissantes ; Meriam Makeba, connue par son militantisme pour l’Afrique, à travers l’art, Mouloud Mammeri d’Algérie, qui était l’un des plus grands chercheurs en anthropologie, le poète nigérien Wole Soyinka l’un des rares africains lauréats du Prix Nobel de littérature, ainsi que d’autres noms comme Mohamed Fitouri, Tayeb Salah, Mohamed Dib, Assia Djebbar, Naguib Mahfouz, Boutros-Ghali, Kofi Annan, etc.…
Quarante ans donc après le premier festival culturel panafricain, c’était une obligation pour l’Afrique de refaire le coup, une nouvelle fois, en Algérie, en organisant la deuxième édition de ce fameux festival, dans une conjoncture internationale marquée par la mondialisation et les nouvelles technologies de communication, qui n’a fait que compliquer la situation des cultures locales devant l’hégémonie des productions culturelles étrangères.
Ce festival vient, en outre, au moment où le continent traverse une conjoncture particulière marquée par des changements qui menacent sa culture et son identité.
Ce qui l’a incité à mettre en place de nouvelles stratégies culturelles, qui consistent en la mise en valeur du legs culturel et de faire en sorte qu’il soit adéquat aux nouveaux défis. Dans une tentative de renouveau culturel, au moment où le monde entreprend un développement tous azimuts des plus surprenants. C’est en effet dans ce sens que vient le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), sur l’initiative de l’Algérie, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Ethiopie et d’autres pays encore.
« Africa is back », ou « l’Afrique est de retour », est le nouveau défi que les enfants du continent noir se sont donnés, en guise de fidélité à ceux qui se sont sacrifiés pour que cette partie du monde se libère du joug de l’esclavage. Il est aussi adressé en guise de reconnaissance à ceux qui ont fait entendre la voix de l’Afrique sur toutes les tribunes. Ainsi, si les anciennes générations ont tenu leurs promesses, ils n’en reste pas moins que celles d’aujourd’hui, sont demandées à relever le défi en excellant dans les sciences, les technologies et la culture, afin de garantir au continent noir sa place dans le concert des nations.
L’Algérie sera donc, durant cette saison estivale, une Mecque des arts et des cultures africaines, à travers les colloques et les conférences, le théâtre et le cinéma, les expositions et les festivals, la musique et le chant, et d’autres activités culturelles programmées, afin de mettre de nouveau la locomotive de la culture africaine sur la bonne voie. C’est la meilleure manière de démontrer au monde que l’Afrique, n’est pas seulement les ressources naturelles dont elle dispose, mais aussi ses ressources humaines et son énergie créatrice, et les trésors que recèle son patrimoine qui représente la mémoire collective de toute l'humanité, qui refuse que le monde avance sans elle.
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